L’interdiction de croire aux mauvais augures (sermon)

Louange à Allah, Seigneur des Mondes. Qu’Allah couvre d’éloge et salutation notre prophète Mohammed ainsi que sa famille et ses compagnons.

Ceci dit :

Premier sermon :

Chers croyants : craignez Allah et que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain et craignez Allah, car Allah est bien informé de ce que vous faites.

Certes, parmi les pratiques de gens de la Jâhiliyah qu’Allah (تعالى) nous a interdit et que le messager d’Allah (ﷺ) nous a également interdit, il y a l’interdiction de croire aux mauvais augures. Et croire aux mauvais augures consiste à se montrer pessimiste à la vision d’une chose comme celui qui voit un accident ou un incendie, ou en entendant un son comme celui qui entend le cri d’un corbeau, ou à un moment fixé comme le mois de Safar ou le mercredi. 

Et celui qui croit aux mauvais augures n’échappe pas à l’un des trois cas suivants :

Le premier cas est qu’il croit en ce mauvais augure, il délaissera alors ce qu’il avait l’intention de faire et ceci est un manquement dans le Tawhid.

D’après Abdoullah Ibn ‘Amr (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui se laisse détourner de ce qu’il voulait entreprendre à cause d’un mauvais augure a ainsi commis un acte de polythéisme » rapporté par Ahmed.

Le deuxième cas est qu’il ne croit pas en ce mauvais augure mais son cœur en est affecté par la tristesse et l’angoisse, et ceci est également un manquement dans le Tawhid mais moins grave que le premier.

Et le troisième cas est qu’il ne croit pas en ce mauvais augure plutôt il place sa confiance en Allah, et ceci fait partie de la perfection du Tawhid.

D’après Ibn Mas’oud (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Croire aux mauvais augures est un acte de polythéisme et il n’y en a pas un parmi nous qui n’en soit pas un tant soit peu affecté mais Allah le fait dissiper par le Tawakkoul » rapporté par Ahmed et Abou Dawoud.

Et le fait de croire aux mauvais augures est de deux catégories :

La première catégorie relève du polythéisme majeur qui est lorsque la personne pense que c’est le mauvais augure lui-même qui a causé le mal par lequel il a été touché. Cette personne a donc donné un associé à Allah et cela constitue un acte de polythéisme dans la seigneurie.

Allah (تعالى) a dit au sujet du peuple de Pharaon, dans le sens rapproché du verset : « Ainsi lorsqu’ils étaient touchés par le bien-être, ils disaient : « Cela nous est dû ». Et si un mal les atteignait, ils voyaient en Moussa et ceux qui étaient avec lui un mauvais augure. En vérité, leur sort dépend uniquement d’Allah. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas ». C’est-à-dire que lorsque le peuple de Pharaon était touché par un bienfait, ils s’en réjouissaient et ils disaient que cela leur revenait de droit. Et lorsqu’ils étaient touchés par un méfait, ils disaient que la présence de Moussa parmi eux en était la cause. Allah (تعالى) leur a alors rétorqué, dans le sens rapproché du verset : « En vérité, leur sort dépend uniquement d’Allah ». C’est-à-dire que ce qui les a touché comme méfait est uniquement dû au fait qu’ils ont mécru en Allah (عز وجل).

Et d’après Ibn Mas’oud (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Croire aux mauvais augures est un acte de polythéisme ! Croire aux mauvais augures est un acte de polythéisme » rapporté par Ahmed et Abou Dawoud.

Et d’après Abdoullah Ibn ‘Amr (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui se laisse détourner de ce qu’il voulait entreprendre à cause d’un mauvais augure a ainsi commis un acte de polythéisme ». On lui demanda alors : « Ô messager d’Allah ! Quel en est l’expiation ? ». Il répondit : « En disant :

اللَّهُمَ لَا خَيرَ إِلَّا خَيرُك، وَلَا َطَيرَ إِلَّا طَيرُك، وَلَا إِلَه َغَيرُك

Ô Allah, il n’y a pas bien en dehors de Ton bien, il n’y a pas de présage en dehors de Ton présage, et nul n’est digne d’être adoré en dehors de Toi » rapporté par Ahmed.

La deuxième catégorie relève du polythéisme mineur et il s’oppose à la perfection du Tawhid qui est lorsque la personne a la conviction que c’est Allah qui a la faculté de profiter et de nuire mais il pense que ce sont des signes à la façon des gens de la Jâhiliyah qui se montraient pessimistes lorsqu’ils voyaient des signes.

Et parmi les signes en lesquels les gens de la Jâhiliyah voyaient un mauvais augure, il y avait le mois de Safar durant lequel ils ne se mariaient pas et ne voyageaient pas.

D’après Abou Hourayrah (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Les maladies contagieuses ne se transmettent pas sans l’intervention du destin, il ne faut pas croire aux mauvais augures, le hibou ne porte pas malheur et le mois de Safar ne porte pas malheur » rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

Sa parole : « Et le mois de Safar ne porte pas malheur », il s’agit d’une négation qui est bien plus parlante qu’une interdiction. Le prophète (ﷺ) nie le fait que le mois de Safar portait malheur comme le pensaient les gens de la Jâhiliyah qui disaient que le mois de Safar était un mois de malheur.

Le prophète (ﷺ) a donc rendu nulle cette croyance corrompue, car les jours ou dates ou mois ne peuvent ni profiter ni nuire plutôt c’est Allah (عز وجل) Qui en a la faculté.

L’érudit Ibn ‘Outheymine (رحمه الله) a dit dans son explication de Kitab At-Tawhid :

« Et sache que croire aux mauvais augures est en opposition au Tawhid de deux façon :

La première est que celui qui croit aux mauvais augures a rompu la confiance qu’il place en Allah et il a fait confiance à autre qu’Allah.

Et la deuxième est que celui qui croit aux mauvais augures s’est attaché à une chose irréelle qui est plutôt le fruit de son imagination ».

Deuxième sermon :

Serviteurs d’Allah : le prophète (ﷺ) appréciait ce qui rend optimiste et il interdisait de croire aux mauvais augures.

D’après Anas (رضي الله عنه), le messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Les maladies contagieuses ne se transmettent pas sans l’intervention du destin, il ne faut pas croire aux mauvais augures et j’apprécie ce qui rend optimiste ». On lui demanda alors : « Et qu’elle est cette chose qui rend optimiste ? ». Il répondit (ﷺ) : « Il s’agit de la bonne parole [que l’un d’entre vous viendrait à attendre] » rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

Abou Hourayrah (رضي الله عنه) a dit : « Le prophète (ﷺ) appréciait ce qui rend optimiste et détestait les mauvais augures » rapporté par Ibn Majah.

D’après Anas Ibn Malik (رضي الله عنه), lorsque le prophète () sortait pour entreprendre une chose et qu’on lui disait : « Ô toi le bien-guidé (يا راشد), ô toi qui réussit avec succès (يا نجيح) », il appréciait cela et ça le rendait optimiste. Rapporté par At-Tirmidhi.

Ainsi, ce qui rend optimiste relève du bon soupçon envers Allah (عز وجل) et c’est pour cela que ce qui rend optimiste est louable. Tandis que le pessimisme relève du mauvais soupçon envers Allah (عز وجل) et c’est pour cela que le pessimisme est blâmable.

Serviteurs d’Allah : prenez garde à ne pas tomber dans le Chirk, ne vous laissez pas affecter par les mauvais augures et ne soyez pas pessimistes. Mais soyez plutôt optimistes, car ce qui rend optimiste était apprécié de notre prophète (ﷺ). Et placez votre confiance en Allah votre Seigneur (عز وجل).

وصلى الله وسلم وبارك على نبينا محمد، وعلى آله، وصحبه أجمعين


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